23 octobre 2007

Thank you, Mario!

Suite à un post intéressant sur un blog que j'affectionne, m'est venu cette question à laquelle je pensais trouver plus facilement réponse:

Pourquoi finit-on un jeu vidéo?

Déjà je me pose parfois la même question concernant les livres et les films (c'est vrai, c'est pas parce qu'un film ne dure qu'1h30 que c'est une raison valable pour s'emmerder jusqu'au générique de fin quand déjà l'introduction est ratée), mais dans le cas des jeux, pour moi, c'est pire.

Je m'explique.

Ok, les jeux vidéo commencent à sérieusement assumer qu'ils sont un média AUSSI de narration et certains racontent de belles histoires, avec des cordes pas trop grosses. Mais comme pour le pixel art, j'y vois une limite.
Soit le jeu a un scénario excellemment bien écrit, auquel cas, généralement, la liberté du gameplay en prend un coup (qui a dit MGS?) et alors, pourquoi s'emmerder à jouer un jeu à l'ergonomie aussi foireuse que le level design de Prince of Persia : The Warrior Within (bougez pas, je l'aligne dans la foulée, celui-là) quand finalement le jeu revient à lire un livre plus ou moins bien illustré?
Soit le scénario est fait de "puissants cordages" (voire est inexistant), et là ma question me semble venir à point nommé.

Pourquoi finir un jeu dont on devine aisément la fin?

L'effet de surprise est inexistant (ce ne sont pas les plot twist de Super Mario qui me contrediront), et l'anéantissement d'un ultime boss, rarement réellement plus dur que la moyenne, ne m'apparaît pas comme un accomplissement.
En plus de ça, quand l'expérience de jeu est plaisante, pourquoi la terminer? Pour un gif même pas animé, en 16 couleurs, avec un gros "thank you" ? Parfois le but officiel est peu excitant, et il arrive qu'on veuille finir le jeu pour en être débarrassé, ou pour un tas d'autres raisons.

Bon, évidemment, j'aime bien finir les jeux, parce que au moins, je me dis que je suis pas le dernier des demeurés, que j'ai réussi à latter ce naze de Bowser, sans ça c'est la honte, il faut le dire.
Mais j'ai regretté finir Shadow of the Colossus, par exemple. J'y étais bien.

Et vous? Pourquoi finissez-vous les jeux?

9 cowabungarrr!:

Le Ninja Pirate,  mardi, 23 octobre, 2007  

Pourquoi ? C'est une bonne question. Et en tentant d'y répondre je me rend compte que je n'ai fini que très peu de jeux dans mon existance. Très peu, et pourtant j'ai joué à énormément de jeux.

Alors qu'est-ce qui m'a poussé jusqu'au bout sur ces élus. Qu'avaient-ils de plus pour me garder jusqu'au bout ?

Pour être franc, très peu de jeux que j'ai fini m'ont gardé pour leur scénario. Je ne dis pas que ça n'a jamais été le cas, mais en tapant ça je n'arrive pas à trouver un seul exemple, donc c'est dire !

Un gameplay qui arrive à me conserver mon intérêt et qui a des perspectives pour ma prochaine session de jeu ? Oui, beaucoup plus. Je joue avant tout pour JOUER. C'est con à dire, mais c'est vrai que ce qui me plait avant tout dans un jeu, c'est ce que j'y fait, et donc le gameplay. Si un gameplay m'accroche et qu'il renouvelle suffisament le challenge pour m'offrir la perspective que mes prochaines sessions de jeu seront au moins aussi divertissantes que celle que je viens d'aprécier, alors je suis plus enclin à avancer dans le jeu, voire à aller jusqu'au bout.

Et enfin, et sûrement la raison la plus forte et qui fait que j'ai fini si peu de jeux par rapport à ce que je joue, c'est... l'affectif ! Un jeu qui parvient à me prendre dans son univers me gardera jusqu'au bout. Je réalise maintenant que les jeux que j'ai fini font quasiement tous partis de mes meilleurs moment vidéoludiques. Je fini un jeu parce que ses auteurs ont créé un univers et/ou des mécaniques (c'est encore mieux quand il y a les deux) qui me parlent, qui me font vivre et ressentir des choses fortes et uniques. Et je me rend alors compte que dans ce cadre, j'accepte des choses incroyables ! Des moments de frustration très fort, recommencer des niveaux des dizaines de fois, des énervements très intenses, mais je suis tellement aspiré par l'expérience que propose le jeu que ces moments passent sans problème là où j'aurai définitivement abandonné avec d'autres jeux.

Prenons le dernier exemple en date : Zelda Twilight Princess. J'ai été très accroché par le côté épique que Eiji Aonuma a su insufflé à cet opus, malgré un classissisme certain par rapport aux codes de la série qui aurait pu jouer en sa défaveur. Eh bien c'est l'enchainement de tous ces moments épiques au milieu d'un univers qui m'est familié qui m'a parlé, qui a parlé à l'enfant qui jouait au chevalier solitaire dans son jardin avec un bâton, rêvant de chevauchées folles dans de grandes plaines, poursuivant d'horribles monstres. Ce jeu a de cette manière créé un lien affectif fort avec mon vécu. Et je n'ai pu m'en décrocher.

N.,  mardi, 23 octobre, 2007  

Tu tranches bien grossièrement dans le gras du bide des jeux à panse scénaristique pour mieux les oposer aux "Ôdes au gameplay et au Fun sans s'prendre le chou" mais je pense que la frontière entre les deux est aussi fragile que celle entre un bon jeu et un bon jeu raté (y'a pas d'faute)...
hmm...je n'ai pas eu conscience de chercher absolument à finir les Silent Hill... Pourtant, j'en ai vu le bout. Il etait juste inconcevable pour moi, après m'être fait narrer (comme une baleine si vous y tenez) pendant une dizaine d'heures d'angoisse exquise de ne pas chercher à 'comprendre' où "Ils" voulaient en venir.
Quand le "Ils" remplace les "puissants cordages", là, je pense, est la différence entre un jeu narrant et un jeu juste rigolo.
Dans le cas présent, on parle d'accomplir une experience de jeu plutot que de "finir" un jeu. Certains ne se révèlent complètement dans toute leur exhubérante saveur qu'à la lumière d'une progression validée par le final (-->Killer7). Prétendre comprendre un jeu de ce genre sans l'avoir fini, c'est prétendre connaître la fin d'Ubik après en avoir lu les 10 premières pages.

N.,  mardi, 23 octobre, 2007  

De plus, connaitre la fin d'Ubik est très différent de vivre son impact emotionnel à la lecture...




(sauf si on aime pas Ubik...mais là, on peut plus rien pour vous)

Mochi mercredi, 24 octobre, 2007  

N.> Ubik, si je le commence, je le lis jusqu'au bout (quoique certains livres m'ont ennuyé au point de ne pas me donner envie de les terminer).
Passer ) coté du scénar est dommage, j'en conviens, mais le but premier du joueur, s'il n'est pas l'histoire mais le jeu, comme l'a bien dit le Ninja Pirate, devrait passer en priorité face aux délires du réalisateur, non?
Sinon, le réal est mauvais, et ferait mieux d'écrire des bouquins.

Silent Hill est un moins bon exemple que MGS, la jouabilité m'a semblé moins foirasse.

N.,  mercredi, 24 octobre, 2007  

Lire un livre n'est pas ce qui m'interesse quand je lis un livre... Evidemment, la gymnastique des mots, la fluidité d'une pensée caligraphiées fait plaisir à voir, ce qui fait que j'engloutis les Pratchett (pour le style plus que pour le fond), au même titre que j'apprécie les Gears of War, Twilight Princess et autres jeux optimisés pour le 'fun'.
Certains bouquins, souvent les plus audacieux et interessants, pas forcemment les mieux écrits (Philip K. Dick n'est pas un modèle de finesse stylistique...), proposent un autre type de plaisir, que je trouve plus intense.
Un plaisir très proche de celui que procure un jeu-vidéo scénarisé aux petits oignons, où l'interactivité est le moyen déguisé de soumettre le joueur à la vision de l'auteur.

Mochi mercredi, 24 octobre, 2007  

N.> Je te rejoins complètement là-dessus, et c'est ce que je dis.
Seulement, quand le gameplay devient une espèce de contrainte transitoire entre deux cut scenes, je dis qu'il y a un problème.
MGS pour moi, c'est ça. C'est un excellent divertissement, mais honnêtement, virez les phases de jeu, je m'emmerderai moins. Je grossis le trait, mais l'idée est là, il y a dans cette série une sorte de cosmogonie bien ficelée, intéressante à décortiquer (je conseille la page wikipédia sur la série pour ceux que ça intéresse et qui se rient des spoilers), mais les phases de jeu fun sont rares, à mon goût. Et établir un plan de jeu pour composer avec les bugs et le gameplay réglé à la truelle, je dis non.
Quand t'achète une voiture et que tu dois conduire avec le volatn tourné à 90° pour aller tout droit parce que ça a été mal pensé, l'auteur, là, je lui pète la tronche.
A noter que sion me proposait une voiture qui se conduit avec un pied sur la tête parce que l'auteur a voulu affirmer sa vision de la pédale de frein sur le plafond (hein, monsieur 51?), ben je respecte sa vision, voire j'essaie, après j'accroche ou pas, mais je respecte.

N.,  mercredi, 24 octobre, 2007  

Je te rejoins sur la critique d'MGS, fondée, dit et redit, n'en jetez plus. En fait, tu es exigent et c'est tout à ton honneur. Mais ... je n'arrive pas à être aussi vindicatif ... mon coté Fanboy sans doute.
Cependant, comme le dit un journaliste de Chronicart à propos des imperfections de gameplay, "au bout du compte, aimer MGS, c’est expliquer pourquoi on n’en a rien à foutre."
Et l'aimer , c'est être conscient que "jouer à MGS ne se résumera jamais à en apprécier les caméras, l’interface ou l’IA des gardes."
Va défendre ça dans un débat objectif...d'où l'incessante baston autour de Kojima (c'est aussi ce qui en fait un auteur)
La série MGS, malgré ses nombreux défauts, est une oeuvre complète, qui fonctionne en tant qu'entité. Pas d'alternative à la vision de Kojima ; jouer à MGS, c'est l'accepter tel qu'il est ou le nier en bloc. (et, malgré ses imperfections nombreuses, j'ai toujours jubilé à suivre les aventures de l'homme-serpent-beuaâr)
Pour finir sur MGS, je rejoins encore une fois la pensée du journaliste... reprocher à MGS d’être trop linéaire ou trop exiguë, c’est manquer cruellement d’imagination. ;)

Mochi mercredi, 24 octobre, 2007  

En effet, pour finir sur mgs (yen a marre de ce jeu, bordel!) je ne parle que du gameplay, pas de l'univers du jeu, qui lui, suscite l'imaginaire, c'est sûr.

Le gameplay suscite plus l'envie de fracasser la console sur la tronche de Kojima. Nuance subtile, mais tout de même.^^

Simba jeudi, 25 octobre, 2007  

Maintenant je sais au moins que je ne terminerai jamais Super Mario 64. Quel scandale.

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