16 juillet 2008

- Player's Digest 13 - Megaman II - De l'objectivité de la nostalgie

C'est fou comme les souvenirs peuvent enjoliver la réalité.

Ces derniers jours sont riches en actualité vidéoludiques, E3 oblige, et sous les amas de polygones normal mappés, pointe le bout des pixels de Megaman 9.



Ce projet a pour particularité de reprendre le sytème de jeu et même les graphismes des premiers Megaman sur NES. On nage donc en plein hommage à la culture jeux vidéo d'antan, avec aux commandes une bonne partie de l'équipe originelle afin de garantir la fidélité de ce neuvième opus envers ses ayeux.

Ce titre de Capcom, que certains n'hésitent déjà pas à qualifier de "romhack NES vendu 20 fois son prix", m'a poussé à rejouer aux vieux Megaman, justement, que j'avais assez peu fréquentés à l'époque, en raison d'une difficulté maniaque et du fait que déjà, à l'époque, j'étais nul aux jeux vidéo. Je sors donc d'une semaine de Megaman II, et dieu que ce jeu est dur.

Il est dur mais parfois feignant. Outre les graphismes "d'un minimalisme de bon aloi", le level design est souvent perfectionniste à la limite du pathologique. Je me demande encore comment certains passages sont franchissables sans les sauvegardes que mon émulateur me permettait, afin de recommencer le même niveau 128 fois en ayant 5 vies. Le gameplay se veut "au pixel près" et ne ment pas sur ce sujet. Il est plus que fréquent de mourir désintégré à cause d'un pied un poil trop sur le coté.
Mais surtout, ce test m'a permis de me frotter à la "légende" Megaman, ce jeu acclamé par des miyons de fans de par le monde.

Et là, question.

Que vaut à Megaman ce culte dont il fait l'objet?

Comparativement, je lui préfère Cave Story, plus riche, tout aussi maniaque de précision, et plus attachant. En fait, pour être en pleine phase de test d'un tas d'autres jeux NES, je me demande ce qui fait qu'un nombre conséquent de vieux barbus se roulent parterre devant certains jeux de leur enfance, en dehors de l'affect Proustien qui les y lie.
Tous ces vieux jeux souffrent d'un level design souvent mal dégrossi, d'une difficulté dosée avec les genoux, de graphismes faits par des programmeurs (jetez moi des cailloux, j'aime ça), bref, certaines légendes semblent devoir leur aura de sympathie et d'admiration au simple fait qu'ils étaient là avant.
J'ai une vraie difficulté à trouver quoi que ce soit d'authentiquement bon et encore possiblement d'actualité avant l'ére des 16 bits, que j'ai pourtant connue sur le tard.

Je suis le seul à penser ça?

4 cowabungarrr!:

Game A mercredi, 16 juillet, 2008  

Alors là c'est marrant mais je suis pas du tout d'accord.

J'ai justement refait Megaman 2 il y a un mois, je ne me rappelle plus si c'était par hasard ou après avoir appris la sortie du 9.
Ben j'y ai pris un certain plaisir, je suis toujours étonné de la joliesse des graphismes et de l'impact de certaines musiques. Je ne l'ai finalement pas trouvé si difficile, je n'ai utilisé qu'un "continue" de mémoire pour en voir la fin, ce qui est peut-être encore plus exceptionnel que chez toi (sauf quand tu "oublies" de finir un jeu). Alors bien sûr je me rappelais de certains coups fourrés genre les rayons d'énergie qui balayent l'écran, évidemment ça aide.

Que reproches-tu exactement à un "level-design perfectionniste" ? Pour le pixel près, disons en effet que les sauts sont un poil courts, mais j'avais toujours le timing dans les mains on dirait.

Seul reproche pour moi: le jeu est trop long, il y a une sacrée baisse de rythme et d'intérêt dans les nombreux derniers niveaux après le dragon robot.

Mais tu vas dire que je ne suis pas objectif.

Mochi mercredi, 16 juillet, 2008  

J'ai peut être été un peu dur, j'admet que j'ai pris beaucoup de plaisir à faire ce Megaman II (que j'ai fini, hein), mais je pense que je n'aurais pas été capable de le terminer sans les sauvegardes de mon émulateur. Le level design est en fait, non pas perfectionniste, mais parfait, dans le sens où il est en parfaite adéquation avec les réglages du gameplay, une bonne habitude qu'on a malheureusement perdu avec la 3D, plus permissive car moins précise par définition.
En fait je pense que ma critique portait peut être plus sur les Megaman suivants, au level design de moins en moins bons (sur cette série, en tout cas, donc à mettre à part des Zero et DX) et au parti pris graphique qui cache sa flemmardise derrière un filet d'arguments écorchant des mots tels que "fidélité" et "hardcore gamers", critique extensible donc aux autres séries illustres de ce temps là, telles que Castlevania, Adenture of Lolo, et compagnie.

Nikobo,  mercredi, 16 juillet, 2008  

Pas tutafé d'accord non plus.
Comme tout il faut relativiser par rapport à la conjoncture de l'époque. Jamais je ne moquerai Citizen Kane avec ses plans soporifiques ou son noir et blanc outrageux pour mes petits yeux gavés de acheudé.
Le plaisir est dans la redécouverte, mais il faut faire un effort pour se replonger dans l'époque, et apprécier son produit à sa juste valeur.
Pour exemple, Sentinel (que j'admire comme tu le sais) m'avait transcendé à l'époque à un point incroyable...il m'a procuré des sensations d'angoisse, de terreur et de panique authentiques. Aujourd'hui, je ne sentirai plus les mêmes frissons, mon point de vue a évolué en même temps que le savoir faire...Il est pourtant très important, et ses qualités sont indiscutables.

Mochi mercredi, 16 juillet, 2008  

Moi je suis tutafé d'accord, pour le coup ! ^^ En effet, replacés dans leurs contextes respectifs, ces jeux (pas tous, celà dit) ont une valeur toute autre. J'insiste sur le fait que je parle de jeux que certains clament encore comme "parfaits" ou "merveilleux" indépendamment de leur époque de sortie, alors que parfois ces jeux souffrent réellement du fait d'avoir été pionniers et ont donc été largement dépassés en terme de design (je ne parle pas de graphismes, ou de technicité, entendons-nous bien, juste de gameplay et de game/level design).

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